Mediterranean Garden Society
Société des jardins méditerranéens

» accueil
» à propos
» filiales
» information
» languedoc
» provence
» échange de graines
» inscriptions
» contacts

RESPONSABLE
DE FILIALE

Jean Vaché

Filiale du Languedoc

Rencontres précédentes

Avril 2014
Visite aux jardins du Mas de Payan

Ce beau domaine de 13 hectares se situe au pied des Alpilles et fut acquis en 1981 par sa propriétaire, Mme de Brignac.

Une belle allée de frênes (Fraxinus oxycarpa), et charmes houblon (Ostrya carpinifolia), prometteurs, conduit le visiteur vers le mas. Une magnifique haie d’eleagnus, taillée de façon originale, tronquée, arrondie, convexe, concave, rend le chemin sinueux et amusant.


Haie de eleagnus

On arrive sur le seuil d’une très grande cour cailloutée, et là, la demeure s’impose par une grande façade rectangulaire, de couleur ocre blond. Elle est surmontée en son centre d’une tour carrée, le pigeonnier provençal, flanqué de deux tourelles au toit en coupole. Une grosse tout d’angle, ronde, elle aussi chapeautée d’un dôme, serait-elle le vestige d’un mas fortifié, autrefois?


Le Mas de Payan

Nous sommes dans un jardin d’arbres dont la propriétaire est une passionnée et collectionneuse. Au cours des années, les jardins se structurent. Les végétaux sont issus pour la plupart de semis ou boutures « maison ». Trois magnifiques chênes blancs et un frêne semblent jouer les « marqueurs » de cette propriété. De grandes haies de cyprès, chênes verts, pins parasols, lauriers tin, protègent cet ensemble du mistral. Un arboretum est créé en 2003, et comprend une variété intéressante de 50 chênes et 27 figuiers.
Au cours de la visite, nous avons remarqué des sujets intéressants:


Pittosporum brevicalix


Pittosporum ralphilii, à fleurs noires


Arbutus andrachne dont le tronc rouge s’exfolie en vert


Arbutus menziesiifleurit en grands bouquets


Xanthoceras sorbifolium en grappes de fleurs rosées


Pseudocydonia sinensisCognassier du japon au fruit oblong dressé


Malus transitoria (pommier) superbe  bouquet de fleurs très petites, fruits de 5mm de diamètre

Quercus menziesii
Rosa banksiae 'Purezza', recouvrant un vieil olivier
Rosa 'LaFolette', en grosse boule rose couvrant un arbre mort
Raphiolepis indica, magnifique dans le potager
Acer buergeranium en feuilles tridentées
Rhodotypos scandens, originaire du Japon
Amelanchier ovalis
Xanthoxilum alatum, poivrier du Sichuan
Rhus sinensis, (sumac)
Myrtus en arbre, impressionnant (4 m de haut)
Escalonia illinita, 3 m de haut
Belle collection d’abelia près de la piscine.
Belle bordure de pivoines arbustives  en fleurs magnifiques.

Le soleil radieux, l’intervention de Monsieur Bussac fort intéressante, le jeu des couleurs de feuillages et de fleurs, très recherché, nous ont permis d’apprécier cette belle journée de découverte. 

Texte: Elisabeth Gratraud
Photos: Jean Gratraud

Février 2014
Atelier multiplication chez Olivier Filippi

L'intervention d'Olivier a eu lieu dans les tunnels de multiplication de la pépinière, remplis de plaques de semis et de boutures à divers stades d'enracinement.
Des milliers de plantes sont en train de raciner.
Impressionnés par toutes ces plantes en devenir, nous avons pu voir et mesurer la quantité de travail et la minutie des soins que représente cette nursery (pouponnière).
Devant ce tableau éloquent les propos d'Olivier ont pris beaucoup plus de poids.


Des milliers de plantes en gestation

Olivier nous a aussi parlé du plaisir qu'il éprouvait à multiplier les plantes et nous a incités à cette pratique qu'il souhaite promouvoir chez les jardiniers amateurs.
Il nous a surtout décrit le bouturage, méthode pour lui la plus sûre pour reproduire les plantes à l'identique. Dans certains cas, le passage par le semis est intéressant, mais il faut alors compter avec les aléas de la génétique.

Lisez plus sur les conseils d’Olivier sur les techniques de multiplication.

L'atelier de multiplication se termine par une visite du jardin d'Olivier et Clara.

Olivier nous montre une nouvelle partie de la pépinière, consacrée à l'élevage des plantes mères sur lesquelles seront prélevées les boutures. Un grand soin a été apporté à leur plantation sur butte et à leur arrosage, pour que ces plantes mères soient vigoureuses et donnent de bonnes boutures.

Un nouveau massif est en cours d'installation au pied d'un olivier. Ce sera un terrain d'expérimentation sur l'allélopathie des plantes dont Olivier nous entretiendra sûrement dans les années à venir.

La visite se termine par la terrasse végétale où de nombreuses plantes se sont déjà bien installées. Voir des images du jardin.

Texte: Annie Nivière
Photos: Hubert Nivière

Avril 2013
Visites de jardins dans le Var

1. Un jardin ‘secret’
Le domaine est grand. La maison se cache au milieu des vignes, des pins et des chênes-lièges. La maison, toute en pierres sèches et en forme de demi-cercle, a trente ans  ainsi que le jardin. Ce dernier est implanté sur un monticule en prolongement du premier étage de la maison. On y accède par un étroit escalier de pierres recouvert d’une splendide Hardenbergia violacea. On est surpris de se retrouver dans un jardin de pierres, rochers, gros cailloux, petits graviers. Toutes les plantes sont dans le minéral et se portent bien. La vue est magnifique jusqu'à la mer. Puis on chemine sur des dalles, dans les cailloux. Une grande retenue d'eau alimentée par un puits est occultée par des topiaires de taille cubique.

De-ci de-là, des squelettes d'arbres et arbustes dont un cade, donnent une touche originale. Un magnifique prunus de 30 ans d'âge, en boutons roses et blancs promet une jolie floraison et abrite à la belle saison, une collection d'hellébores, actuellement en fleurs, de toutes couleurs. Quelques marches et on arrive devant une gloriette de bois recouverte d'une Clematis cirrhosa, à la floraison hivernale.

Nous avons particulièrement remarqué:


Rhaphiolepis sp. Plusieurs sujets à fleurs roses (rosacée)

Hardenbergia (fabacée) à fleurs violettes.
Euphorbia en grand nombre, arborescente de belle taille, rigida, myrcinites, seratocarpa, panachée verte et blanche Silver Swan, Characias, Characias wulfenii, en très belles touffes.
Anthyllis barba jovis (barbe de Jupiter, fabacée).
Artemisia ludovicina Valérie Finis (larges feuilles argentées).
Achillea coartata, toute petite.


Seseli gummiferum  Ombellifère aux jolies fleurs blanches très plates et bien découpées

Petits amélanchiers  aux fleurs rosées (rosacée).
Parrotia persica (hamamélidacée) encore jeune.
Ficus repens sur la façade de la maison et sous une galerie abritant une auge de pierre. Il se faufile dans le moindre interstice dessinant comme de grands filets, puis avec vigueur grimpe sur la terrasse et retombe en se décrochant du mur de pierres sèches.

Vers la sortie du jardin, séparée, dans un enclos de bois vieillis, on découvre la «nurserie». Jardin très original de par sa structure et son implantation, en bonne santé et de taille raisonnable. Sa propriétaire a répondu à toutes nos questions avec plaisir et  vif intérêt.

2.  Le Jardin de François Marmier

F. Marmier est un grand collectionneur de cactées depuis l'âge de 12 ans. En 1980, il achète un terrain d'un hectare, faisant partie d'une ancienne propriété qui au 19éme siècle  était planté d'agrumes et de fleurs destinées à la vente (principalement des arums).Ce jardin, composé  de plusieurs terrasses soutenues par des murets de pierre sèche construits  à la fin du 19éme siècle  par des ouvriers piémontais, est situé prés de la mer et très protégé. Sur la terrasse inférieure, F. Marmier  a planté  les cactées résistant au gel autour d'une mare dans  un joyeux désordre plein de poésie, au milieu  de bambous, de cycas, de glycines, d'echiums etc. Dans une serre sont installées les cactées américaines,  obtenues par semis ou par échange, qui doivent être protégées du gel. Les terrasses supérieures  sont plantées d'agrumes (orangers, citronniers, kumquats), d'oliviers et d'arganiers ramenés du Maroc.

3. Le Parc Gonzalez – Bormes-les-Mimosas

Le Parc Gonzalez est situé dans le vieux village de Bormes-les-Mimosas, dans le Var. C'était une propriété privée appartenant à Madame Roberta Gonzalez, artiste-peintre.

En 1996, la commune acquiert le domaine et en 2001, le parc est remis en valeur grâce au paysagiste Gilles Augias. En 2004 le jardin est ouvert au public.

Celui-ci est exposé plein sud. Le sol acide du Massif des Maures et de l'Esterel permet de créer un lieu exceptionnel australien de 3000 m2. On circule sur des restanques (terrasses), maintenues par de gros blocs de schiste et qui de temps en temps ponctuent la promenade. On suit  la pente grâce à de petits sentiers bordés tout le long par les plantes australes. Tout le jardin est recouvert de mulch d'écorce de chêne-liège. C'est un produit léger qui laisse passer la pluie et garde la chaleur.

Les plantes, en tout, 400 variétés, ont été choisies pour s'adapter au froid, bien que Bormes bénéficie d'un climat doux, mais surtout originaires d'une région chaude et sèche d'Australie. Il y a là une très belle collection de grevilléas, mimosas, protéacées, eucalyptus, etc. très bien étiquetée, ce qui permet de faire une connaissance précise des plantes. Ca et là, de grands arbres (eucalyptus, brachychiton, caroubier, mimosas)  coupent la ligne pentue des restanques et équilibrent le paysage, lui-même dominé par la maison de maître.

Remarqué ou découvert:


Tryptomène calycina  (myrtacée) bruyère rose

Phyloteca (rubiacée) aux fleurs en petites étoiles blanches.
Dianella revoluta  (liliacée) aux fleurs bleues très légères tout en bas du parc.
Leptospermum (myrtacée) aux fleurs blanches.


Leptospermum polygalifolia ‘Cardwell’


Kennedia rubicunda (papilionacée) aux belles fleurs rouges et pourpres

Kennedia nigricans, aux fleurs noirs et jaunes, surprenantes.
Chamaelocium uncinatum (myrtacée) que l'on voit dans les bouquets des fleuristes.
Thomasia quercifolia  (arbuste à feuilles de chêne, très poilues, vert-jaune).
Boronia crenulata (rutacée) petites fleurs roses à 4 pétales.
Westringia fruticosa  tout en fleurs blanches (vu à Mallorca).

Grevillea (protéacée), 300 variétés, presque tous en fleurs, jaunes, oranges, roses, rouges vif, pourpres, jaunes et roses, ils explosaient de leurs inflorescences si particulières par la longueur de leurs tyles enroulés, puis dressés à maturité avec le stygmate tout rond. Grevilléa curviloba, très beau, blanc sentant le miel et  la vanille. Grevilléa obtusifolia, couvre-sol et Grevilléa rhyolitica et des centaines d'autres, originaux et magnifiques.

Il ne faut pas oublier les eucalyptus comme E. caesia ‘Silver Princess’, admirable, aux branches toutes blanches, pruinées, à l'écorce marron, fendue, laissant voir le tronc vert tendre, aux belles fleurs rouges et aux fruits en clochettes. Superbe ! Ou encore E. macrocarpa, aux grosses fleurs rouges de 8 cm de diamètre et aux fruits énormes.

Quelques protées et enfin  de beaux mimosas encore en fleurs, des tardifs, retombant sur le bord des routes, ou Mimosa ‘Zig-Zag’ comme du fil.

Temps fort de cette journée. Une découverte des plantes australiennes qui incite à les connaître davantage. Dommage que notre passage ait été si rapide, notre temps de visite était compté. Mais nous reviendrons...


La groupe MGS avec Gilles Augias

Texte: Elisabeth Gratraud et Christine Berthon
Photos: Jean Gratraud, Carol Chaplin et Christine Savage

Vous pouvez voir plus de photos de notre visite sur le site mediterraneangardensociety.org.

Février 2013
Un atelier photo chez Liz et Jacques Thompson à Cesseras
\
Pour succéder à l'atelier de création de jardins de l’an dernier, Duncan Munford a eu l’idée d'un atelier photo pour améliorer la qualité de nos photos de jardin. Louisa Jones a recommandé Béatrice Pichon-Clarisse comme animatrice.

Béatrice est la photographe des jardins pour Mon Jardin & Ma Maison  et son travail paraît  dans de nombreux livres, notamment certains de Louisa Jones et de Jean-Jacques Derbout. 
L’atelier combinait cours et travaux pratiques, et les photos prises dans le jardinde Liz et Christine éaient ensuite analyséés en classe.


Béatrice s'adresse à Chrisitne, Chantal, André et Liz

La photo de jardin : mode d’emploi
Les principaux points de vue en photographie de jardin :
Seul, isolé - en scène (ambiance) - en association - macro.
Pour un bon cadrage ne pas hésiter à bouger autour du sujet et rechercher les éléments sur lesquels vont accrocher ou accroche déjà la lumière.
La composition d’une photographie s'articule autour du partage de l’image (1/3 - 2/3) des lignes, des droites, des courbes, des diagonales... Ces éléments vont créer les plans et points de fuite qui donneront toute la dynamique à votre image.


Utilisation de la lumière, des ombres et des diagonales

Les réglages de l’appareil vont permettre d’accentuer ou de diminuer, les effets, les rendus, les ambiances, les couleurs que l’on souhaite immortaliser à travers notre image. La connaissance de ces réglages permet ainsi de retranscrire plus facilement ce que l’on voit et que l’on souhaite montrer.

Le matériel
L’appareil : Compact - Reflex
Le Reflex permet de régler chaque paramètre de prise de vue de façon précise. Il peut s’utiliser par tous temps et dans toutes les conditions d’éclairage. Le Compact est destiné à une utilisation simplifiée, en automatique et de préférence avec de bonnes conditions de lumière. La qualité de l’image dépend avant tout de la qualité de l’optique, de l'objectif utilisé mais aussi de la taille du capteur de l'appareil.  

Les objectifs :
Attention : les longueurs de  focale exprimées ci-dessous en mm correspondent à des objectifs utilisés en capteurs plein format (24 x36).
Pour obtenir une valeur équivalente sur un compact, il faut la plupart du temps appliquer  un coefficient multiplicateur dépendant du capteur

La qualité d’un objectif est définie par sa formule optique : nombre et qualité des lentilles.
Chaque lentille réduit la quantité de lumière finale et déforme l’image.
Le range (amplitude de toutes les focales d’un zoom) est exprimé en mm, l’œil humain perçoit à 55mm.

Les objectifs conseillés :
Pour une prise de vue naturelle : 16mm-85mm et 24mm-70mm (Zoom transtandart).
Attention à la  déformation du grand angle (entre 16 et 35 mm)
Pour un portrait : 50mm ou 70mm jusqu’au 150 mm pour rendre le fond plus flou
Pour un paysage large : 20mm (Grand angle)
Pour de l’animalier, du sport : 70mm-300mm (Téléobjectif, écrase les plans de l’image)
Pour du macro : 50mm ou 100mm macro (Image nette dès les premiers centimètres)

Les Compacts couvrent en moyenne de 24mm à 90mm, les Bridges (gros Compact) de 24mm à 400mm.

Les accessoires conseillés :
Le trépied : très utile en macrophotographie et prise de vue en vitesse lente
Les filtres : ils protègent physiquement les objectifs mais aussi les capteurs des rayonnements en prise de vue ‘contre jour’.
Le réflecteur : ‘débouche’ les zones sombres et permet une diffusion de la lumière plus homogène.

La technique
Les modes :
A : priorité ouverture, définit la profondeur de champ, la zone nette de l’image
S : priorité vitesse, rapide pour les insectes, lente pour les paysages
P : automatique, l’appareil cordonne les paramètres précédents
M : manuel, choix de l’ouverture et de la vitesse

Les paramètres secondaires :
ISO : sensibilité de 100 à 3200 (davantage  pour les Reflex), définit la sensibilité à la lumière. Une valeur haute induit une dégradation de la netteté de l’image, présence de bruit.

WB : balance des blancs de 2500° à 10000°, exprimée en degrés Kelvin c’est la valeur de référence d’un blanc pur dans les conditions d’éclairage au moment de la prise de vue. Son réglage permet donc de retrouver la fidélité la plus juste des couleurs avec pour référence le blanc. (au jardin la température de jour est souvent entre 4000 et 5000)

Les réglages de Mme Pichon sur reflex
Non valable avec les compacts qui nécessitent de travailler à plus grande ouverture inf. à 8 pour une bonne qualité

Ouverture : 11-22
Vitesse : 1/25 - 1/8  si on dispose d’un pied ; à main levée, il faut descendre  à 1/ 30 ou 1/60 pour éviter de  bouger
Sensibilité : 100 –400  iso attention au delà surtout pour un paysage (plans multiples)

La lumière
Le vert évolue du bleu au jaune.
Le rose est plus fidèle sans trop de contraste, les rendus sont meilleurs sans soleil direct.
Bleu - C’est une couleur d’ombre donc le soleil l’écrase rapidement.
Il est volatile, se diffuse bien mais prend une teinte violacée.
Jaune - C’est la couleur facile. Il se révèle bien sur un fond sombre comme dans la lumière.
Rouge - Les rouges sont valorisés par la présence de feuillages en fond.
Blanc - Le blanc passe du vert au gris, il est très présent en été. Comme le bleu cette couleur évolue avec les contrastes des alentours.

Quelques conseils
•    Dans un cadre non informatif la justesse des couleurs n’est pas nécessaire.
•    Il faut jouer avec les échelles, les rapports.
•    Les différentes saisons n’apportent pas le même éclairage.
•    Intégrer des éléments vivants dans les photographies d’ambiance.
•    Attention à ne pas surcharger de détails notre photo.
•    Le premier plan doit être net et bien éclairé de préférence.
•    Toujours penser «qu’est ce que je veux montrer et qui me plait»
•    Un ciel d’orage ou chargé de nuages blancs (lumineux ) est  optimal pour la prise de vue de jardin.

Nos remerciements à Béatrice Pichon-Clarisse, à la MGS Christine Savage et Duncan Munford, Liz et Jacques Thompson pour leur accueil, qui ont permis la réussite de ces journées dont nous mettrons les enseignements à profit lors de nos prochaines expériences photographiques.


La merveilleuse hospitalité de Liz et Jacques Thompson

Texte et photos de Benoit Moulin

Janvier 2013
Atelier de semences à Montpellier
Une vingtaine de membres de la MGS a assisté à cet atelier, et Chantal nous a expliqué tous les secrets d’un semis réussi.   

Contenants
Chantal recommande les pots à fromage frais avec faisselle, mais on peut également utiliser les pots à fleurs, les pots à yaourt, les caisses à poisson ou à viande du supermarché, des contenants à alvéoles (à obtenir chez les pépiniéristes) ou des boîtes pour les œufs. Il existe également des pots en tourbe, mais il serait mieux de les éviter, la tourbe étant une ressource non renouvelable. Chantal nous a également montré des petits pots qu’elle a fabriqués elle-même en papier journal. 

N’oubliez pas de faire des trous; le terreau ne doit pas stagner. Si nécessaire, stérilisez vos contenants avec de l’eau chaude et de l’eau de Javel. Pour garder l’humidité après le semis, prévoyez par exemple une plaque en verre, un sac en plastique transparent ou du film étirable.

Substrat
Il existe plusieurs options

  • Le terreau commercialisé: pauvre en éléments nutritifs, nécessite un repiquage précoce.
  • La terre du jardin: mais il faut la stériliser. Pour cela, mettez-la 2 heures dans un four à 200°C ou 15 minutes en four micro-ondes.
  • Terreau maison: tout le monde a sa propre recette. Chantal recommande un mélange de 50% tourbe et 50% perlite, mais on peut augmenter la proportion de perlite jusqu’à 75%. D’autres recettes contiennent du sable, du terreau du jardin et/ou du compost maison. L’important, c’est d’alléger le terreau afin d’éviter la stagnation et les moisissures, qui tuent les petites plantes. Prévoyez aussi de la vermiculite pour couvrir les graines.  Pour info, la perlite est un sable siliceux d’origine volcanique contenant de l’eau qui est expansé industriellement par un traitement à la chaleur.  La vermiculite est un minéral naturel formé par l'hydratation de certains minéraux basaltiques, et souvent associé dans la nature à l'amiante. (Wikipedia). La perlite et la vermiculite s’achètent dans le commerce et en ligne.

Comment semer?
Mettez un peu de gravier au fond du contenant et remplissez avec votre terreau. Laissez 3  centimètres entre le terreau et le bord du contenant. Tassez bien le terreau et l’humectez un peu. Semez vos graines en laissant 2 centimètres entre chacune. Pour faciliter le semis de graines très fines, mélangez-les avec du sable ou du couscous, ou utilisez un semoir. Couvrez les graines avec de la vermiculite, à une épaisseur égale à celle de la graine. Les grosses graines peuvent être enfoncées avec le doigt et couvertes avec un peu de terreau. Tassez. Puis arrosez, par baignade. Il est utile de mettre un fongicide dans l’eau au départ afin d’éviter la fonte des semis. On peut également employer le charbon de bois ou la cannelle qui sont des fongicides naturels. Normalement, un seul arrosage suffit avant la germination. N’oubliez pas d’étiqueter vos pots, en mentionnant l’espèce et la date, préférablement au stylo indélébile. 

Il y a des graines qui ont besoin de conditions froides pour germer, par exemple, celles des plantes méditerranéennes ou nord-américaines. Laissez-les dehors ou dans une serre froide ou un châssis froid, à l’ombre. Protégez-les de la pluie, des limaces/escargots et des animaux domestiques. (Pour info, les remèdes naturels suivants sont recommandés contre les escargots/limaces, bien que leur efficacité semble varier : coquilles d’œufs écrasées, le son, le marc de café). Parfois les graines ne germent qu’après des mois, voire des années;  ne jetez pas les pots trop vite. D’autres graines ont besoin de chaleur: par exemple les plantes tropicales ont besoin d’une température de 24°C à 28°C. Gardez-les au chaud, à la maison. D’autres encore ont besoin de feu, ou plutôt de chaleur et de fumée. 

Les 4 points-clé d’une germination réussie:

  1. La chaleur: entre 18° et 25°C selon l’espèce.
  2. L’humidité: mais pas trop. 
  3. L’aération: pour éviter la fonte des semis.
  4. La lumière: important pour la germination et la croissance. Sans lumière, les petites plantes deviennent trop étiolées. A noter: il y a également des graines qui ne germent que dans l’obscurité.

Il ne faut pas commencer à semer trop tôt, parce qu’il risque de ne pas avoir suffisamment d’heures de lumière. Le mois de février est idéal; les plantes seront prêtes à repiquer au mois de mars. Ne soyez pas déçu si vos semis ne réussissent pas à 100%. Le taux de réussite de Chantal (l’experte) est de 50%!

La germination
Il faut surveiller constamment les semis. Quand les cotylédons apparaissent, il faut les accoutumer progressivement aux conditions extérieures en ouvrant les contenants, d’abord pendant une heure, puis en augmentant le temps d’exposition. Tournez les pots régulièrement pour que les plantes ne se penchent pas trop d’un côté. Quand il y a deux paires de vraies feuilles, repiquez. N’attendez pas trop longtemps, sinon les racines vont s’entremêler et rendre la tâche plus difficile. Il est très important de bien arroser les semis (toujours en baignade) le jour avant le repiquage pour que la terre soit bien humide. Cela rend le repiquage beaucoup plus facile.

Préparez les pots à l’avance, en utilisant un mélange de terre de jardin (⅓), de sable (⅓) et de compost (⅓). Vous pouvez rajouter aussi un peu d’engrais.  Employez une petite cuiller pour extraire chaque plante. 

Faire un trou dans le terreau et insérez la plante très doucement en la tenant par les cotylédons ou les feuilles. Ne la tenez jamais par la tige, qui est très délicate et risque de se casser. Insérez la plante jusqu’aux cotylédons et puis tassez délicatement. Arrosez, toujours en baignade. Mettez les pots à l’ombre. Arrosez selon nécessité. 

A noter: quand on sème les plantes bulbeuses, les petites plantes doivent rester au moins 2 ans dans le même contenant, afin de laisser former les bulbes.

Les avantages de semer des graines? Il est moins cher que d’acheter les plantes chez le pépiniériste.  On a plus de choix : on a la possibilité d’avoir des plantes qui ne se trouvent pas dans le commerce. On peut avoir des plantes en grandes quantités. Les plantes issues de semis fait maison s’adaptent bien mieux au jardin que celles achetées chez le  producteur ou pire dans un supermarché. Et c’est super-amusant !

Voilà pour les semences. Chantal nous a aussi parlé de la récolte de graines. Une fois que les fleurs deviennent marron, enveloppez-les d’un vieux bas. Pour la récolte, il faut un jour sec et ensoleillé. Coupez les tiges à ras et mettez-les dans un grand sac en papier, la tête en bas. Marquez le nom de la plante et l’année. Laissez sécher 10-15 jours dans un endroit sec et préférablement chaud. Secouez bien le sac afin de faire tomber les graines. Certaines graines ont tendance à être expulsées loin de la plante mère, il faut dans ce cas, surveillez les semences et enfermer les inflorescences dans un vieux bas en nylon, avant qu’elles ne deviennent marron (euphorbes, acanthes, geraniums et erodiums, ruellia brittoniana, etc…).   Mettez-les ensuite dans une assiette à soupe ou un grand bol, et enlevez le détritus en soufflant tout doucement.  

Pour envoyer des graines à Chantal, mettez-les dans une enveloppe normale, avec le nom botanique, l’année, votre nom et le lieu de récolte. Pour garder les graines chez vous, mettez-les dans une enveloppe ou un sac en papier (évitez les sacs en plastique qui font pourrir les graines) et gardez-les dans un endroit sec. 

Pour tester si les vieilles graines sont toujours bonnes, mettez-les dans un bol d’eau. Les bonnes tomberont au fond.

Septembre 2012 
Visite de deux jardins près de Béziers

Situé sur une colline au nord de Béziers, le jardin de Brian et Carmel est encore tout récent. Dès sa conception, en 2008, les plans du jardin ont respecté quelques exigences : de la pelouse, une allée d'accès à la maison, pas de marche dans le jardin, des haies de laurier-rose et des coins repos. La récupération de l'eau de pluie des toits n'a pas été oubliée et des réservoirs peuvent stocker plus de 3000 litres d'eau.

Dès l'entrée, une large allée dallée en pente douce mène jusqu'à la terrasse et la maison. Elle est soulignée par deux bandes de pouzzolane ponctuées de boules de lavande et se termine par deux massifs de pétunias très colorés. La superbe pelouse « à l'anglaise » parsemée de quelques oliviers occupe le centre de l'espace. Une plate-bande surélevée, soutenue par un muret de pierre, contient de nombreuses plantes fleuries : pétunias, perovskia, gauras blanches et roses, sauges, ainsi qu'un camphrier, Cinnamomum camphora et un Caesalpinia gilliesii.


Sphinx du caille-lait, Macroglossum stellatarum.

La rocaille est plantée d'un palmier Phoenix canariensis, ainsi que de cactées, Verbena bonariensis, perovskia, lantana, céanothe, plectranthus, phormium, iris...


Cactus et Verbena bonariensis.

Une rivière de gravier blanc bordée de gros galets délimite la pelouse.

A l'arrière et sur un côté de la maison, on trouve un potager, des arbres fruitiers et un petit jardin à la française avec ses buis taillés et des aromatiques : romarin, sauge Salvia officinalis 'Tricolor', Helichrysum italicum, persil... Dans ce tout jeune jardin, nous avons apprécié les diverses couvertures minérales du sol, la recherche des contrastes et les mises en scène imaginées par Brian et Carmel.

Au nord de Pézenas, le jardin de Margaret est également situé à flanc de colline et offre une belle vue sur les toits du village languedocien et sur un paysage de vignes et de bois.

Créé il y a 20 ans, c'est un jardin en terrasse planté de végétaux résistant à la sécheresse. A l'entrée, un vaste jardin en gradins est recouvert de gravier et agrémenté de lavandes.
Un large escalier en traverses de bois bordé par des Convolvulus cneorum, Sedum spectabile, Delosperma cooperi, cistes, iris... conduit de terrasse en terrasse jusqu'au bas du jardin.

Une plante-bande couverte d'écorces de pin fait le tour de cet espace. On y trouve palmiers dont Chamaerops humilis, Pittosporum tenuifolium 'Variegatum', graminées, callistemon, lavande, romarins. En remontant sur la terrasse de la piscine, deux Phoenix canariensis, des grands Yucca elephantipes et des opuntias ont résisté au froid de cet hiver. Un talus en pente raide recouvert de romarins, lavande, cistes et santolines soutient la terrasse au-dessus.

On y retrouve le jeu de boules et l'ombre bienvenue de la tonnelle formée de quatre muriers-platanes. Les rafraîchissements qui nous y attendent concluent avec bonheur la visite en cette chaude après midi de septembre.

Texte de Annie Nivière.
Photographes de Hubert Nivière.

Mai 2012
Présentation "Gestion des jardins et des plantes dans un climat en évolution » par Trevor Nottle à la Médiathèque, Clapiers (34)
Trevor Nottle, paysagiste, horticulteur, auteur et éducateur en Australie nous a parlé des moyens d'adapter nos jardins aux changements climatiques, en travaillant selon les saisons et par la sélection de plantes adaptées. On peut lire le texte de son intervention à la page "Information".

Février 2012
Exposé sur les sauges par Frédéric Prévot au Restaurant le Jardin de la Gare, Vers


Frédéric Prévot, de la pépinière de spécialiste «  Les Senteurs du Quercy »,  nous a fait un exposé illustré sur certaines des 900 variétés de sauge du monde entier qui sont adaptables pour les jardins méditerranéens. Son site web est ici.

On trouve les sauges dans le monde entier sauf en Australie, le plus en Amérique centrale et Mexique, Asie centrale et Turquie et le bassin méditerranéen.

Les sauges partagent les caractères généraux des lamiacées : tiges quadrangulaires, feuilles opposées, glandes odoriférantes, fleurs types de la famille zygomorphes aux calices soudés, corolles à deux lèvres bien distinctes, disposées en pseudo verticilles régulièrement espacés sur une hampe florale.

La culture:
Il y a quatre grands genres de sauges, mais on s'intéressera à celles du climat méditerranéen.
Il faut un sol drainé, sec en été et en hiver, comme pour les cistes et les lavandes, un sol caillouteux ou sableux, le ph n'est pas très important, une bonne exposition au soleil, même si Salvia microphilla fleurit à mi-ombre dans le midi. Elles ne souffrent pas trop de la concurrence des autres plantes et ne sont pas très difficiles de culture sauf celles qui viennent de Californie ...

Pour que certaines sauges ne montent pas trop et se ramifient, les pincer plusieurs fois lorsqu'elles ont 30 cm de haut, ainsi, elles sont plus jolies et se couchent moins.

Multiplication: 
Division comme pour les herbacées en général au printemps ou début septembre.
Bouturage en février de préférence; maintenir sur couche chaude (23°) est l'idéal et conserver l’humidité. Partie à sélectionner: apex (le sommet de la plante), pas trop de feuillage. On garde des nœuds à mettre dans le sol (idéal – 2 noeuds). Inhibiteur de croissance utilisée comme hormone, RIPOZON est la marque utilisée par Frédéric.
Semis - une graine fraîche est importante, dès la récolte, sinon les  graines se mettent en dormance et c'est très difficile de la lever.

Les variétés
La plupart des espèces méditerranéennes sauvages sont de couleurs claires.
Les sauges africaines ne sont pas très rustiques, dommage car elles sont jolies!
Les californiennes ne sont pas très rustiques sauf celles du désert californien.

Quelques sauges à cultiver dans le midi:
Salvia amplexicaulis - fleurit partout en France, c'est une herbacée à rabattre  après la floraison.
Salvia apiana  - recherchée pour la fumigation, cela purifie l'air.
Salvia barrelieri « Mr Nay » - bleu ciel. Rustique a -12˚C.
Salvia « Bee's Bliss » - supporte humidité en hiver, couvre sol.
Salvia  caespitosa – très rustique, bon couvre sol, jolie, un peu d'eau l'été.
Salvia darcyi - rouge/orange, caduque, rustique a -15˚C.
Salvia dorrii - Californien mais rustique, pas d'eau, fleurit bien.
Salvia forskahlii – d’Anatolie, bleu, en sous bois
Salvia hierosolymitana – de Chypre. Rouge foncé. Très rustique.
Salvia multicaulis – après floraison les calices restent décoratifs.
Salvia pisidica - petit buisson, comme santoline. Très rustique
Salvia pratensis - Sauge des prés.
Salvia tomentosa – fleurs bleues. Facile.
Salvia x sylvestris – Masse de fleurs mai-juin. Bleu/violet/rose selon la variété.  Très rustique.

Texte par Chantal Maurice

Mai 2011
Excursion sur deux jours à la rencontre des cistes et d'autres plantes de la garrigue dans la nature et au jardin

Abbaye de Fontfroide, près de Narbonne
Par une belle journée, chaude et ensoleillée, Olivier Filippi a mené un groupe assez important d'entre nous sur des sentiers de garrigue, derrière l'abbaye, s'arrêtant fréquemment pour montrer certaines plantes et insistant tout particulièrment sur la diversité fascinante de ce biotope.


Olivier Filippi s'adressant à son auditoire.

L'air emprisonné dans le sol où poussent les plantes est d'une importance primordiale - même dans la roche, il y a des anfractuosités qui contiennent de l'air nécessaire aux plantes. Autour de nous, les cistes étaient au rendez-vous, par milliers. Ces plantes étonnantes se sont développées pendant des millions d'années et ont mis au point leurs techniques de survie. Certaines espèces de cistes aiment le terrain acide, d'autres préfèrent le calcaire; des hybrides sont apparus qui partagent les caractères génétiques des deux parents, et sont donc capables de se développer dans les deux types de sol. Bien sûr, cette luxuriance n'est nullement le résultat de fertilisants ou d'herbicides dans la garrigue, où ces produits seraient fatals aux cistes puisqu'ils dépendent des mycorrhizes que ces produits tueraient. Le message qui nous a été prodigué est que si nous voulons réussir des jardins méditerranéens, il nous faut oublier arrosages et produits chimiques.

Le milieu de la garrigue est le résultat du feu et du pâturage. Les pins sont une invitation à l'incendie, nous a dit Olivier Filippi en comparant les pignes de pin à des grenades offensives prêtes à exploser. Seul les incendies et le pâturage, les pins chaseraient les autres plantes de la totalité de l'espace au sol, en réduisant la diversité naturelle.

Ces plantes typiques de la garrigue ont des feuilles collantes et sont recouvertes d'huiles essentielles qui les protègent de la chaleur et des insectes prédateurs. Au bout de trois ans les feuilles tombent et forment un tapis de mulch naturel où peu d'autres plantes peuvent se développer. Olivier nous a montré un insecte ressemblant à une coccinelle, un Scymnus, dont la larve se nourrit d'aphides.

Le drainage est essentiel pour les plantes de garrigue. A Kew Gardens, à Londres, par exemple, les collections de plantes méditerranéennes sont présentées sur des amas de rochers remplis de sable et de terre, pour simuler ce drainage si naturel dans nos garrigues. A ce propos, Olivier a insisté sur l'avantage du paillage minéral sur le paillage végétal, qui aide à la propagation de maladies d'origine fongique, comme Phytophthora. Il vaut mieux utiliser du gravier.


Etude des plantes de garrigue.

Un petit biotope de Hieracium fut découvert, décrit comme excellent couvre-sol à cause de sa capacitié de destruction d'autres herbes pousant à côté de lui. Son nom vernaculaire est l"épervière".

L'après-midi fut consacrée à une visite des jardins en terrasse de l'abbaye, guidée par la pépiniériste Gill Pound.
 
Seconde journée - À la pépinière Filippi et chez Olivier.
Nous avons eu l'honneur d'être reçus par le propriétaire lui-même, dont l'enthousiasme et la compétence sont notre inspiration. Il cultive plus de 2 000 plantes et semble en avoir mémorisé le nom botanique qui lui revient instantanément.


Dans le jardin privé d'Olivier Filippi.

Une partie de son jardin de démonstration est consacrée aux substituts de gazon, par exemple Trifolium fragiferum, ou trèfle fraise, une fabacée sur laquelle il est agréable de marcher. Je ne peux m'empêcher de sourire en pensant à un passage de son livre où il écrit: "Si vous voulez un gazon bien vert, pourquoi ne pas déménager en Cornouaille?" Il a bien montré l'importance d'encourager les végétaux à développer un solide système racinaires pendant leur première année en terre, et nous a montré des exemples de plantations nouvelles où les plantes sont plantées dans une profonde cuvette d'arrosage dans laquelle 30 litres d'eau sont déversés une fois par mois en été.


Plantes dans leur cuvette d'arrosage.

La pépinière se trouve à proximité du bassin de Thau, célèbre pour ses élevages d'huitres et de moules. Le sol chez lui est très alcalin, pH 8,1. Afin de pouvoir étudier les végétaux qui aiment l'acidité, il a fait venir des tonnes de sol acide pour créer une grande banquette surélevée d'un mètre environ.

Olivier Filippi est l'une des rares personnes qui pratiquent la pollinisation manuelle de Cistus pour obtenir des hybrides qui soient capables de supporter les deux types de sol.


Cistus
x ledon.

Il a beaucoup parlé des merveilles de la propagation, et expliqué qu'après avoir récolté des graines de ciste sauvage, on peut augmenter de 95% leurs chances de pousser en les frotttant entre deux feuilles de papier de verre pendant 30 secondes.

Quelques pins sont répartis dans le jardin et nous apprenons leur rôle bénéfique pour les cistes - ils les gardent au sec et leur offrent un peu d'ombre. Olivier est revenu sur l'importance du paillage minéral, et nous a révélé qu'il utilise un gravier particulier, le fameux cinq/douze sur une profondeur de 6 à 8 centimètres. Non seulement le gravier empêche les mauvaises herbes de pousser, mais encore il favorise l'auto-reproduction des plantes.

La journée s'est terminée bien trop vite sur une dégustation de délicieuses tielles sétoises accompagnées de boissons fraîches. Je suis rentré chez moi totalement conquis, et en regrettant de n'avoir pas reçu ces leçons il y a des années, avant de faire tant d'erreurs dans mon jardin.

Texte de Nick Westcott, photos de Sandra Cooper et de Catriona McLean.

Avril 2011
Deux journées pour trois jardins très différents: le Jardin Méditerranéen à Roquebrun et deux jardins de membres.

Roquebrun est géré par une association, le C.A.D.E. (Collectif agricole pour le développement et l'environnement). L'objectif de l'association, en plus de la gestion du jardin, est la préservation des espèces en danger et la recherche en plantes aromatiques et médicinales. En 1988 l'association a pu récuperer un site qui avait été abandoné pendant une centaine d'années. Dominé par une tour carolingienne, le jardin se trouve sur une pente exposée au sud qui donne sur l'Orb; protegé de la tramontane par les collines dolomitiques, il bénéficie d'un micro-climat qui permet la culture de plantes exotiques.

Christophe nous a fait faire un tour en nous racontant l'histoire du jardin et du village, en nous présentant des idées d'utilisation de végétaux en cuisine (sa grand-mère mettait des feuilles de Aphyllanthes monspeliensis dans la salade), en nous fournissant des petits trucs de connaisseurs (les feuilles de l'oranger sont lobées et celles du citronnier sont dentelées). Les plantes sont encouragées à pousser aussi naturellement que possible et dans les moindres recoins du jardin. L'ensemble  est le résultat de 1600 tonnes of materiaux qui ont été hissés à dos d'homme et d'âne. Depuis dix ans, aucun produit phyto-sanitaire n'a été utilisé dans le jardin.


Christophe pendant sa causerie.

Le jardin est sur trois niveaux, le plus bas étant le plus chaud, c'est là que se trouvent la plupart des plantes exotiques. Palmiers, cactus, succulentes et beaucoup de citronniers; ceux-ci poussent dans tout le village et le parfum était délicieux en gravissant la pente. Il y a une collection de mimosas, notamment une espèce à feuillage bleu, Acacia baleynea 'Purpurea'. Tout en haut, on trouve les plantes de la région; j'ai aimé la façon dont le Pistacia lentiscus a été taillé pour former des massifs denses, qui retombent parfois du rocher. Selon Christophe la plus intéressante des 4000 plantes du jardin est le Leuzea conifera (Centaurea conifera) à la fleur jaune crème. Autrefois commun en garrigue cette fausse centaurée a été beaucoup trop cueillie pour la forme décorative en pomme de pin de ses sommités et elle est aujourd'hui rare; Christophe est ravi qu'elle ait bien pris à Roquebrun. De nombreuses plantes viennent d'institutions prestigieuses comme le jardin botanique de Monaco.

Le lendemain, visite de deux jardins de membres de la MGS. Le jardin de Jenny forme un intéressant contraste avec celui de Roquebrun; en terrain plat, entouré de murs qui s'incurvent vers un arrière-plan de cyprés du cimetière au nord est, et tourné vers les collines en terrasses au  nord ouest, il offre une belle échappée au sud sur des arbres.La maison, avec sa terrasse tout autour, domine le jardin.


Le jardin de Jenny.

Dans le jardin, le sol est de lourde craie de la vallée de l'Orb, sauf pour une plate-bande nouvellement créée en surélévation.On voit tout de suite que Jenny adore les plantes. La variété est étonnante; toutes sortes de roses, avec Rosa chinensis 'Sanguinea' en fleurs et commençant à s'adosser à un frêne, Rosa 'Mme Alfred Carrière' (noisette).


Rosa chinensis ‘Sanguinea’.

Il y a une plate-bande de plantes épineuses avec Agave americana, Kniphofia sarmentosa et K. 'Geant', Yucca alifolia  et un nombre de sauges, d'euphorbes - en fait Jenny y compte trente deux plantes. Onze plante-bandes en tout avec des thèmes différents. Jenny a posé des questions sur les échecs qu'elle a subi, surtout à cause de la nature du sol avec un calcaire qui reste humide en hiver. Jenny reproduit par boutures et craint ne plus avoir suffisamment de place bientôt!

Le jardin de Andrew et Margaret est encore bien différent, tout en pente. Les vues impressionnantes que l'on a du balcon de la maison sur le lac de Salagou et la merveilleuse terre rouge contrastent avec les délicats feuillages verts. Contre le mur nord de la maison, il y a une petite rocaille sur des rochers naturels. Il y a là des sédums dont on dit généralement qu'ils demandent du soleil mais qui poussent mieux là que sur les terrasses ensoleillées plus bas. Sedum palmeri y est fort beau. Plus bas, où souffle la tramontane Cistus x pulverulentus et C. x corbariensis sont aussi en bonne santé. Ficus pumila (le figuier grimpant) commence à escalader une arche. Les terrasses au sud ont été créées par Andrew et Margaret sur une pente à 20%, un projet impressionnant. Voir l'article qu'ils ont écrit dans la revue de la MGS, numéro 62. Ils bénéficient d'un excellent drainage.

Ici pousse une multitude de plantes qui supportent la sécheresse: Nepeta x fassenii 'Six Hills Giant', de nombreux geraniums, des romarins, des cistes, des lavandes, et des phlomis.  Andrew dit que sa plante préférée est Salvia officinalis, bien qu'il y ait quelques doutes sur la dénomination officinalis car les feuilles sont pennées, mais se mélangent agréablement avec Hypericum balearicum que j'ai beaucoup aimé.


Salvia officinalis?


Hypericum balearicum.

Jenny préfère une plus modeste mais adorable petite Veronica polyfolia et une ancolie Aquilegia formosa.
Ces trois jardins m'ont remplie d'admiration pour la vision qu'ont eu leurs créateurs, et de joie pour les plantes nouvelle que j'y ai découvertes?
Katharine Fedden. Photographies de Christine Savage

Mars 2011
Les jasmins - Présentation de Mylène Bertetto 

Les jasmins se trouvent sur les cinq continents. Avec 250 espèces dans le monde il y en a pour toutes les situations dans nos jardins. Mylène Bertetto est venue nous en présenter une quarantaine.

Il y a des jasmins qui fleurissent en toute saison, certaines espèces ont une floraison très longue. Par la diversité de leurs formes il y en a pour toutes les situations du jardin, il y a des rampants, des arbustifs, des grimpants et des jasmins à palisser.

Les couleurs sont blanc, jaune et rose, certains ont des boutons rose, voir bordeaux, qui deviennent blanc en s'ouvrant. Il y a des fleurs élégantes qui ressemblent à des étoiles, d'autres avec des pétales tout ronds; des fleurs simples, doubles ou triples.

Les feuilles sont aussi très variées, de forme ovale, lancéolé ou trifolié avec des couleurs qui vont du vert foncé à un jasmin avec les feuilles jaune doré, Jasminum officinale 'Aureum'  en passant par les feuilles bordeaux en automne pour J. officinale 'Inverleith' ou des pousses brunespour J. polyanthum 'Rubrum' et J. officinale  'Argenteovariegatum' qui a les feuilles panachées. Il y a même des espèces avec un feuillage gris et duveteux, originaires d'Afrique, J. fluminense ssp. gratissimum et J. abyssinicum, qui ont besoin d'un sol particulièrement sec et drainant.

Le parfum est une des caractéristiques auquel on pense quand on dit 'jasmin' mais en effet ils ont chacun un parfum distinct et un bon 'nez' peut les reconnaître par leurs parfums. Certains jasmins ont un parfum si envahissant que c'est presque trop fort. Il y en a d'autres plus subtils J. beesianum et J. x stephanense ont un parfum de rose ancienne, J. azoricum a un parfum frais d'agrumes. Certains jasmins n'ont pas de parfum.

Les jasmins ont besoin de soleil, d'un bon sol bien drainant et d'un apport d'engrais. Il faut les arroser les deux premières années mais une fois bien établis ils peuvent se débrouiller sans arrosage. La propagation se fait plus facilement par boutures que par semis.

Dans la région méditerranéenne une seule espèce est présente, J. fruticans, un arbuste avec des fleurs jaunes, sans odeur, à feuillage persistant. Heureusement il y beaucoup d'autres espèces qui poussent bien dans nos jardins et qui peuvent supporter les gels assez forts. Si on a la chance de jardiner où il y a peu de risque de gel le choix des variétés est plus important.

En Inde et en Asie les J. sambac sont utilisés dans le thé. Leurs pétales plus épais retiennent les molécules de parfum une fois secs. Le J. sambac 'Belle of India' est une plante sacrée dédiée à la déesse Shiva et plantée autour des temples de Shiva. Dans l'industrie du parfum en France, depuis quelques années  J. polyanthum, à cause de sa croissance exubérante, a remplacé en porte-greffe le traditionnel J. officinalis endémique de l'Estérel, le greffon étant J. grandiflorum le très connu Jasmin de Grasse.

Pour avoir la liste des jasmins et leurs détails allez sur le site des Bertetto.

Janvier 2011
Inauguration de la bibliothèque MGS Languedoc

Par un matin frisquet mais ensoleillé du mois de janvier, un groupe de 28 membres de notre filiale s'est réuni chez Chantal Guiraud pour célébrer l'inauguration de notre bibliothèque. Le fonds principal d'environ 140 livres provient d'un don du magazine Le Lien horticole qui a dû s'en séparer lors d'un changement d'adresse. La MGS lui est très reconnaissante de ce beau cadeau; Chantal de son côté a offert l'hospitalité d'une pièce dans sa vaste maison et a commencé de cataloguer tous les livres par thèmes. Une autre membre du Languedoc, Louisa Jones, la célèbre auteure de plus de vingt ouvrages au sujet des jardins méditerranéens, a ensuite proposé de nous donner un nombre similaire de volumes ce qui fait que nous avons maintenant une intéressante collection de livres en français aussi bien qu'en anglais que tout membre de la MGS peut désormais emprunter. Le clou de la journée fut la fascinante causerie de Louisa sur ses souvenirs de spécialiste des jardins et sa carrière d'auteure de livres sur ce thème. Elle en a actuellement trois à divers stades de préparation. Deux en français: Manifeste pour les Jardins Méditerranéens, et Nicole de Vésian: un Art des Jardins en Provence, tous deux à paraître chez Actes Sud. Le troisième, Mediterranean Landscape Art: the Vernacular Muse paraître à Londres chez Thames and Hudson.

En 1975, lorsqu'elle a commené à étudier l'art du jardin en Provence, plusieurs personnes lui ont assuré qu'il n'y avait pas jardins intéressants dans le midi de la France. Pourtant, après avoir visité plus de 200 jardins dans la basse vallée du Rhône, l'existence d'un style régional fortement affirmé lui est apparu clairement et lui a fourni son principal thème d'étude, auquel elle revient fréquemment.

Louisa nous a entrouvert la porte du monde de l'édition et nous avons discuté de la façon dont un livre est lancé. Elle nous a montré des exemples: choix du titre, du style de la couverture, des couleurs, pour ses trois prochains livres. La discussion s'est poursuivie pendant le repas et la traditionnelle Galette des rois; ensuite, nous nous sommes dispersés dans la bibliothèque et dans le jardin. Merci, Chantal, de nous avoir si bien reçus.
Christine Savage.

Septembre 2010
Château le Plaisir

Un après-midi ensoleillé de septembre, et une quarantaine de membres de la filiale MGS Languedoc ont le plaisir de visiter les jardins du Château le Plaisir près d'Avignon à Aramon dans le Gard. Conçu par l'architecte paysagiste Pascal Cribier dans les années 1990 pour la famille Hollander, le parc est composé de plusieurs jardins thématiques et comporte de nombreuses particularités structurelles modernes. Nous pénétrons d'abord dans une vaste cour traditionnelle ombragée par cinq rangées de vieux platanes majestueux et une allée qui mène vers la maison avec une façade classique du 18ème siècle. Le promenoir longé d'un mur nous parle aussi des temps anciens - "une galerie longue à l'extérieur" commente l'un des membres. Puis en entrant dans le parc paysagé, la vue d'une haute cheminée près du Rhône nous ramène au 20ème siècle. De hautes haies droites en Quercus ilex avec des trouées permettant de jeter un coup d'oeil, une belle pergola, du gazon Zoysia verdoyant et moelleux, une aire de jeux pour les enfants où serpente un chemin entre les coussins de santolines, l'échiquier non terminé avec son roi et sa reine solitaires, et un théâtre de verdure dont la haie d'olivierstaillés est apparemment objet de controverse parmi des gens du pays. Près du local de la piscine, nous admirons les quatre Sophora japonica pleureurs, spécialement greffés en Italie pour ce projet, et nous traversons une belle allée couverte de Wisteria pour déboucher dans le jardin d'eau, dont la fraicheur et l'ombre sont bien appréciées, et certains retiennent l'idée de faire pousser la glycine en arbuste. Le parfum des floraisons du Clerodendrum trichotomum cède la place à celui de figues mûres quand notre chemin se poursuit à la découverte d'un petit bois de troèneset de plusieurs variétés d'arbres fruitiers, et puis du jardin sec avec les plantes d'Olivier Filippi et un chemin composé d'intéressants pavés 'romains' en béton. Nous nous arrêtons dans une petite cour derrière la maison à l'ombre de Melia azedarach pour admirer un parterre d'Hibiscus coccineus et discuter du pré planté en gauras et en buis - à cette saison les gauras prédominent! La visite se termine par une collation offerte par les gardiens pendant laquelle Chantal nous rappelle de récolter des graines et de les lui envoyer pour la banque de graines qu'elle organise à l'intention des adhérents de la MGS dans le monde entier. Merci beaucoup à Christine et à Sandra pour avoir organisé cette visite.
Mavis Mercoiret.


Arrivée sous les platanes.


Promenoir.


Théâtre de verdure.


Petit bois de troènes.


La tonnelle.

Les photos sont signées Mavis Mercoiret, Hilary Ivey et Anthony Daniels.


Copyrights réservés sur tout le contenu, ne pas reproduire sans autorisation


création et maintenance du site: Hereford Web Design